Que l’on traduit par « La route du monde oublié ». Ca veut tout dire ! Elle dure 150km, sans station essence, avec une partie en gravier de 12 km, et c’est la route principale pour se rendre vers le centre de l’île. Et bien sûr vous l’aurez devinez, il n’y a pas grand monde le long de ces 150 km de route.
Je m’engage donc dans ce monde oublié, où je suis obligé de m’arrêter constamment pour faire des photos ! Ce qui est bien c’est que l’on peut s’arrêter en plein milieu de la route, on ne va gêner personne ! Je continue ainsi mon chemin à travers les plaines et forêts traversées lorsque, dans un virage, j’entends un bruit sourd et la direction qui devient molle. Je suis contraint de m’arrêter immédiatement. Bilan : un pneu à plat :
Ce qui m’embête, c’est que le pneu n’a que 4 jours !! En plus je m’étais fait arnaquer par le garagiste peu scrupuleux qui m’avait chargé de $400 pour 2 pneus. Sans compter qu’il avait aussi changé une pièce à presque $200 sans que je lui demande. Je lui avais alors demandé de l’enlever.
Bref, je vide le coffre pour avoir accès à la roue de secours et changer la roue. Je commence à avoir l’habitude puisque c’est la troisième fois que je crève en NZ. Par contre cette fois-ci j’ai innové dans la façon de crever : c’est la valve qui est partie ! Originale, non ? C’est pour ça que le pneu c’était dégonflé d’un seul coup.
Après cette période excitante dont je me serrais bien passé, me revoilà parti. Je ne tarde pas d’arriver dans le seul patelin que l’on peut croiser pendant 150 km, Whangamamona :
C’est un petit village surpeuplé (40 personnes) qui est en fait une république. Ils on même tamponné mon passeport ! Il y a quelques années, ce village appartenait à la région de Taranaki. Mais un beau jour le district a redessiné la région, mettant Whangamamona hors de leur territoire. Ils ferraient alors partis de la région adjacente. Mais ce qui n’a pas plu aux habitants de ce village est qu’ils n’avaient pas leur mot à dire. Pas de vote, rien. Alors ils ont protesté, et se sont finalement déclaré République. Ils ont élu un président, qui a fait sa première déclaration sur un trône fait de bottes de paille ! Leur statut de République est maintenant surtout pour rigoler. Tous les deux ans ils commémorent le jour de l’indépendance, où la population passe de 40 à 6000 personnes ! Au programme, courses de moutons et de cochons, concours de maniement du fouet ou de dépiautage de possum, sans oublié le fameux lancé de bottes en caoutchouc !
C’est au bar de ce village que j’ai discuté avec la gérante, qui m’a permis d’appeler le garage qui avait mis les pneus. Car je voulais que ce soit lui qui paye les réparations puisqu’une valve qu’y s’en va au bout de 100km de route, je trouve que c’est tout ce qu’il y a de plus anormal. Mais comme par hasard, le patron n’était pas présent lors de mon appel.
Je pars alors de Whangamamona (prononcez « Fanngamamona) pour très vite retrouver les espaces verts :
Seul signe de vie que je croise, des moutons :
Je bifurque ensuite sur un chemin pour aller voir une chute d’eau qui se trouve être la plus haute de l’île du Nord avec 85 mètres de hauteur. Elle n’a en fait rien d’extraordinaire. Le paysage pour y accédé était plus intéressant :
En rejoignant la route, j’arrive à la partie gravillonnée de celle-ci. Gardez à l’esprit que c’est toujours la route principale !
La route… pardon… le chemin s’enfonce dans la forêt luxuriante en suivant une rivière, et les virages se font plus nombreux et plus accentués. Je passe également quelques ponts à une voie que je n’avais plus vue depuis l’île du Sud :
Je retrouve le goudron 12 km plus tard, et passe sous ce genre de tunnel à une voie dont seule la NZ a le secret :
Puis je retrouve rapidement de la civilisation qui marque la fin de la Forgotten World Highway. Malheureusement j’arrive trop tard pour mon pneu car les garages sont fermés. Je me dirige alors vers Whakapapa village, dans le parc national du Tongariro où je veux faire une randonnée.
En empruntant cette route du monde oublié, j’ai croisé plus de moutons, chèvres sauvages et faisans que de voitures. Ca m’a beaucoup rappelé l’île du Sud ! D’ailleurs là-bas on ne nommerait pas une telle route puisque c’est tout ce qu’il y a de plus normal ! Mais ici dans l’île du Nord, c’est invraisemblable de ne croiser qu’un village en 150 km ! Et en plus, il y a 12 km de graviers ! C’est inimaginable !! Et pas de station essence ! Sans parler des ponts et du tunnel à une seule voie ! Là il y a du laisser allé quand même…
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